Gouvernance Identité sonore
Définir une direction musicale

Identité sonore

L’identité sonore

Une playlist est un livrable. La gouvernance est le service.

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Identité sonore

Une marque peut avoir construit une identité très précise sans savoir encore ce qu’elle donne à entendre. Ses mots, ses signes, sa manière de se présenter, de parler et de choisir se sont constitués avec le temps. La musique ouvre une autre question : comment cette identité devient-elle audible sans se laisser réduire à un genre, à une époque ou à quelques titres supposés la représenter ? Une identité sonore commence là. Elle formule une manière de choisir qui appartient à la marque.

De l’intention aux choix musicaux

Les mots avec lesquels une marque se décrit ne sont pas des indications musicales. « Élégante », « chaleureuse », « contemporaine », « audacieuse » ou « discrète » peuvent ouvrir une direction ; aucun ne dit encore quelle voix retenir, quelle tension rythmique rechercher, quelle densité accepter, quelle familiarité préserver ou quel silence laisser exister.

Entre l’intention et la musique commence alors un travail de traduction.

Avant même le genre, la musique se présente par une vitesse, un rythme, une intensité, un équilibre de fréquences, une densité, une voix ou son absence. Deux morceaux appartenant au même univers peuvent ainsi proposer des expériences d’écoute profondément différentes ; deux œuvres éloignées par l’époque ou le répertoire peuvent, au contraire, partager une même manière d’occuper le temps, de laisser respirer une voix ou de conduire une tension.

Music Eye View traduit cette intention dans la matière musicale, en faisant apparaître les relations qui donneront aux choix leur cohérence.

Ce qui fait identité

Une identité se reconnaît moins à la répétition des mêmes signes qu’à la continuité d’une manière de choisir.

La musique rend cette question particulièrement exigeante. Trop resserrée, une identité sonore devient rapidement une formule. Trop ouverte, elle perd ce qui lui donne une forme propre. Entre les deux, il faut établir ce qui rend les choix cohérents sans les rendre semblables.

Cette cohérence peut tenir à la place accordée aux voix, à certaines relations entre familiarité et découverte, à une manière particulière de travailler les rythmes ou les densités, au rapport entre évidence et surprise, aux contrastes que l’on recherche et à ceux que l’on écarte.

Les exclusions participent elles aussi à la définition. Ce qui demeure volontairement hors de la direction, ou n’y entre que sous certaines conditions, en précise les contours autant que les références retenues.

Les morceaux peuvent alors changer profondément sans que la pensée qui les relie disparaisse.
C’est cette continuité qui fait identité.

Une grammaire musicale

Lorsqu’une manière de choisir devient suffisamment précise pour être expliquée, discutée et reprise, l’intuition commence à devenir un langage.

Pascale et son équipe mettent en regard ce que la marque cherche à exprimer, les personnes auxquelles elle s’adresse et les usages dans lesquels cette expression devra prendre sens. Éric et son équipe entrent dans la matière musicale elle-même : histoires des répertoires, filiations, ruptures, codes, voix, langues, rythmes, densités, transitions, silences.

Peu à peu se construit une grammaire.

Certains choix y deviennent naturels, d’autres possibles sous certaines conditions, d’autres encore étrangers à la direction recherchée. Les relations comptent autant que les éléments eux-mêmes. Une voix peut appartenir pleinement à l’identité dans une certaine relation aux répertoires et en déplacer complètement l’équilibre dans une autre ; un morceau familier prendre sa place lorsqu’il dialogue avec la découverte, puis devenir banal dès que cette tension disparaît.

La musicologie et l’histoire de la musique situent les œuvres au-delà de leur réputation ou de leur genre. La théorie musicale éclaire leurs formes et les relations qu’elles entretiennent. La sociologie aide à distinguer les publics et les contextes sans les réduire à des profils prévisibles. Les sciences cognitives peuvent enrichir certaines questions de perception ; elles ne décident jamais à la place de l’écoute et du jugement.

La direction sonore naît de cette rencontre entre une intention et une culture musicale.
Des choix dont la raison peut être formulée.

Formuler l’identité

Une identité sonore devient pleinement formulée lorsqu’elle ne dépend plus seulement de l’intuition de ceux qui l’ont conçue.

Formuler consiste à rendre explicite ce qui pouvait jusque-là n’exister que sous forme de goût, d’habitude ou d’évidence partagée : pourquoi certaines voix appartiennent à la direction, pourquoi d’autres la déplacent ; quelle place donner à la découverte ; jusqu’où un écart peut enrichir l’identité ; à partir de quel moment il en change la nature.

La charte d’identité sonore conserve cette pensée. Elle ne cherche pas à prévoir chaque morceau futur. Elle établit les critères à partir desquels un nouveau choix pourra être interrogé.

Pour Music Eye View, une identité sonore est la traduction musicale gouvernable d’un concept,
d’une personnalité et d’une intention d’expérience.

Cette capacité à être gouvernée n’arrive pas après coup. Elle tient à la manière même dont l’identité a été formulée. Restée implicite, celle-ci demeure liée au jugement immédiat de ceux qui la connaissent déjà. Formulée, elle peut être reprise, confrontée à de nouvelles musiques, transmise à d’autres personnes et continuer à produire des décisions cohérentes sans reproduire celles qui l’ont fondée. Elle devient une pensée musicale.

De la formulation à la vie de l’identité

Une fois formulée, l’identité sonore doit encore rencontrer le réel et le temps.

Le déploiement organise la manière dont sa direction prend forme dans les programmes, les temporalités, les zones et les dispositifs.

La gouvernance conserve la raison des choix, accueille les évolutions et distingue ce qui peut être adapté de ce qui appelle un nouvel arbitrage.

Engager une conversation

Une marque peut déjà disposer d’une programmation riche et cohérente sans avoir jamais formulé ce qui la relie. Elle peut aussi ne disposer encore que d’intuitions, de références ou d’un vocabulaire de marque auquel aucune pensée musicale n’a été donnée.

Dans les deux cas, le travail commence par reconnaître ce qui existe, distinguer ce qui appartient réellement à l’identité et donner à cette matière une forme suffisamment précise pour devenir une direction.

La première conversation avec Pascale et Éric permet de situer ce que la marque porte déjà, explicitement ou non, et ce qui mérite d’être conservé, clarifié ou construit.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une identité sonore et une playlist ?

Une playlist rassemble des morceaux à un moment donné. Une identité sonore définit la logique qui permet de les choisir et d’en choisir d’autres demain.

Elle ne réside donc pas dans une liste particulière, mais dans les critères, les relations, les exclusions et les marges de variation qui donnent aux choix leur cohérence.

Une identité sonore correspond-elle à un style musical ?

Pas nécessairement. Un genre peut faire partie de son vocabulaire, mais il ne suffit pas à définir une identité.

Tempo, rythme, densité, voix, langues, familiarité, découverte, transitions ou silence peuvent créer des continuités entre des œuvres issues d’univers très différents. L’identité réside dans la manière dont ces éléments sont choisis et mis en relation.

Comment sait-on qu’une identité sonore est suffisamment définie ?

Lorsqu’un nouveau choix peut être examiné sans revenir au seul goût personnel de celui qui l’a conçue.

Les critères sont alors suffisamment précis pour comprendre pourquoi une œuvre appartient à la direction, pourquoi une autre s’en écarte et jusqu’où l’identité peut évoluer sans perdre ce qui la rend reconnaissable.