France · Hôtellerie
Avec 369°, tout commence par Inès. Jeanne apparaît bientôt. Derrière elle, les maisons se dessinent. Depuis 2020, nous les découvrons une à une, avec leurs lieux, leurs équipes, leurs saisons. La musique se précise au fil de cette relation, attentive à ce qui les relie comme à ce qui donne à chacune sa voix.
La marque
La rencontre à 369°
En 2020, l’une de nos étudiantes à Sciences Po, amie d’Inès Pénari, nous met en relation. Elle est convaincue que nos univers doivent se rencontrer. Elle a raison.
Lors de notre premier échange, Inès nous parle d’un château près de Chantilly, de ce qu’il pourrait devenir, de la place que la musique pourrait y prendre. Très vite, la conversation dépasse le sujet qui nous a réunis. Nous découvrons une même manière d’entrer dans un projet : en saisir la direction, en éprouver la cohérence, lui donner une forme précise.
La confiance s’installe dans cette proximité de regard. Elle donnera à notre relation sa liberté, sa franchise et cette qualité d’échange qui, depuis, accompagne chacune de nos collaborations.
L’identité sonore devra faire entendre ce que le lieu va incarner.
Le projet
Faire entendre Jeanne
Notre première collaboration commence au Château de Montvillargenne, près de Chantilly. Le lieu change de visage et, avec lui, une personnalité prend corps : Jeanne.
Bientôt, le château prendra son nom : Jeanne & The Forest.
Jeanne traverse les époques avec naturel. Libre, curieuse, cultivée, elle compose son univers par affinités, au fil des rencontres, des objets, des voix et des découvertes. Son goût se construit comme une conversation qui reste ouverte.
Nous venons et revenons à Montvillargenne. Les journées avec Inès et les équipes 369° débordent volontiers sur un petit-déjeuner, un déjeuner, un dîner, parfois une nuit sur place. Les conversations changent de rythme avec les heures ; on parle du lieu, de musique, de ce qui s’y passe, de ce qui pourrait encore y trouver sa place.
À mesure que la maison nous devient familière, une question s’impose : qu’est-ce qu’une Jeanne aurait réellement envie de faire entendre chez elle ?
Nous commençons à écouter avec Jeanne, pour Jeanne.
© Romain Ricard · © 369° Hôtels-Maisons
L’identité sonore
Se décentrer pour écouter
Le premier geste consiste à changer de centre. Écouter depuis l’autre, assez profondément pour que ses affinités, ses curiosités, ses élans deviennent le véritable point de départ du choix.
C’est depuis cet endroit que l’inattendu peut être juste. Une œuvre nouvelle, une association imprévue, un horizon qui s’ouvre. Rien n’est imposé : la proposition s’arrête au seuil de l’autre, libre d’y entrer ou de poursuivre son chemin.
Les maisons dessinées par Chantal Peyrat ouvrent un autre chemin d’écoute.
Dans les univers intérieurs qu’elle signe pour 369°, matières, couleurs et accords inattendus composent une grammaire visuelle qui nourrit notre lecture musicale. Une texture appelle un grain, une lumière davantage d’espace, un contraste visuel une rencontre plus vive entre deux œuvres. À mesure que ces correspondances se précisent, Jeanne apparaît autrement : par les affinités qui la traversent, les cultures qu’elle rapproche, les horizons qu’elle laisse ouverts.
Jeanne prend forme dans cet entre-deux : un imaginaire français tourné vers une Angleterre musicale.
Une part de ce paysage s’inscrit dans cette rencontre entre le goût de la langue française et les mélodies, les arrangements et les orchestrations d’outre-Manche. Serge Gainsbourg en fut une figure fondatrice ; Étienne Daho en a prolongé la tension mélodique et l’élégance dans une écriture plus pop.
Le temps en déplace les formes, mais en conserve l’élan : une langue française qui aime se laisser entraîner ailleurs. Adrien Gallo, Barbagallo, Mattyeux, Julien Baer, Berry ou Constance Amiot prolongent chacun à leur manière cette ouverture vers l’ailleurs.
D’une maison à l’autre, l’écoute doit se déplacer.
© 369° Hôtels-Maisons
La programmation
Changer d’éclairage
Erik Satie imaginait une musique d’ameublement, presque un papier peint sonore : une musique assez présente pour transformer un espace, assez discrète pour laisser la vie continuer. Chez 369°, cette présence garde une part de cette intuition, mais elle reste disponible à l’écoute.
Elle peut demeurer longtemps à la lisière de l’attention, puis, par une voix, un timbre, un enchaînement, devenir soudain plus nette. Ce passage nous intéresse autant que la musique elle-même : le moment où ce qui accompagnait simplement le lieu commence à en modifier la perception.
Cette présence se règle sur ce qui change réellement. L’altitude, la lumière, la saison, la mémoire d’un lieu déplacent l’écoute. Megève et Courchevel appartiennent à la même montagne sans raconter le même hiver. Saint-Tropez et Saint-Barth partagent le soleil sans partager le même horizon.
Le fil 369° tient dans cette capacité à reconnaître les écarts sans rien perdre de ce qui le fonde : curiosité, élégance des rapprochements, attention portée au lieu. La grammaire demeure. Chaque maison en déplace l’accent.
La montagne
La montagne donne le cadre ; chaque maison en propose sa lecture.
À Megève, Mamie Megève fait revenir une mémoire commune dans le présent : un refrain familier peut côtoyer une écriture plus récente et garder toute sa charge affective.
L’Arboisie prend un autre chemin, davantage attirée par les indépendants, les écarts, les découvertes.
Alpen Valley et Écrin Blanc partagent la montagne, pas tout à fait la même écoute. L’horizon demeure ; chaque maison en déplace la ligne.
La mer
Le soleil rapproche Saint-Tropez et Saint-Barth sur la carte. La musique fait entendre leurs distances.
À La Tartane, la Riviera regarde vers l’Italie ; les répertoires français et italiens se répondent jusque dans certaines écritures de l’électro-pop contemporaine.
Au Tropical, le fil français s’ouvre aux Caraïbes et à l’Amérique du Sud ; le grain change, les rythmes se déplacent, d’autres voisinages deviennent possibles.
Le lieu agit dans les affinités, les rapprochements, la manière dont une œuvre trouve sa place auprès d’une autre. À ce degré de précision, l’ancrage local devient musical.
Quand les maisons se multiplient, l’écoute devient une culture.
© 369° Hôtels-Maisons
La gouvernance
Faire sienne sa voix
Un matin, au Tropical à Saint-Barth, quelques mesures suffisent pour reconnaître un morceau familier à presque tous. Choisi spontanément par l’équipe, il ne figure pas dans la programmation de la maison.
L’écoute se déplace alors du goût vers la justesse. À huit heures du matin, dans ce lieu qui tient presque du jardin d’Éden, cette musique répond-elle vraiment à ce que la maison souhaite faire sentir, ici, à cet instant ?
La gouvernance prend forme dans ce déplacement. Au fil des maisons, des saisons et des échanges, une même attention circule. Elle relie les regards, affine les choix et laisse à chaque lieu son accent.
« Chaque hôtel raconte sa propre histoire, unique. »
369° Hôtels-Maisons
Depuis 2020, cette écoute se construit ensemble, dans les conversations comme dans les heures passées sur place. La musique avance avec les maisons, au rythme de ce qu’elles deviennent.
Les années passent, les maisons ouvrent, rouvrent. Chacune garde son accent, toutes partagent le même sens de la justesse.
Entre chaque adresse court un fil d’Ariane invisible.